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Capitaine Combessis Pierre

combessis_pierre
Décès en 2009 à Mandelieu-la-Napoule (06210), FRANCE


Officier de réserve en Algérie (1957/1962), en particulier au 1/16ème RIC.
CH/LH, CVM, CCV, 3 citations (2D, 1B).

HOMMAGE à Pierre COMBESSIS, décédé au printemps 2009,

Par Roger FIORIO, président de section

Il était mon ami,

Pierrot COMBESSIS vient de quitter ce monde brusquement, dans les Alpes Maritimes, frappé soudainement par la maladie. Il venait juste de rejoindre notre Section des DPLV et nous devions l'introniser prochainement. Mais au-delà de la disparition d'un adhérent, toujours cruelle pour les siens d'abord, c'est un véritable ami que personnellement je perds.
Tout un pan de ma vie opérationnelle pendant la guerre d'Algérie, remonte dans ma mémoire.
En 1957 alors que j'étais aspirant au 16° Rima à Condé Smendou, arrive deux mois après moi l'Aspirant Pierre Combessis. Désormais jusqu' à l'indépendance nous nous côtoierons dans notre combat pour l'Algérie Française. Seule cette terrible fracture nous séparera puisque je choisirai la carrière militaire, alors qu'il s'orientera vers une carrière civile où il réussira brillamment.
Pendant cinq ans Pierre va commander une section de Harkis, puis la compagnie de réserve du Régiment, participant à toutes les opérations dans notre Quartier, notre Secteur et aussi dans la zone de la Division du Nord Constantinois. Il va s'illustrer dans cette campagne y obtenant trois citations largement méritées et plus tard la Légion d'Honneur.
Je me souviens particulièrement de deux actions où nous avons été engagés simultanément ou côte à côte.

A peine un mois après ton arrivée, tu te trouves en bouclage au fond d'un oued du douar Medjabria, quand la section « fell » déboule pour fuir le ratissage. Au cours de l'accrochage violent qui va suivre, et que tu vas supporter en priorité, trente HLL vont être abattus, 23 armes récupérées dont un fusil mitrailleur. Et ce sera ta première citation !
Plus tard en exploitation d'un renseignement que j'avais obtenu auprès d'un rallié, nous avons pénétré, inconscients tous deux, en rampant dans une grotte du douar Souadek. Le renseignement était bon, du ravitaillement, du matériel étaient là, dans cette grotte où nous ne pouvions tenir qu'assis. Et tout d'un coup nous nous sommes rendu compte qu'elle se prolongeait après un goulot d'étranglement et des formes se mouvaient au-delà dans l'obscurité. Nous avons dû reculer en rampant jusqu'à la sortie et la sauvegarde, sans que les « fells » réagissent pensant qu'ils n'avaient pas été vus. Nous avons tout fait « sauter » au TNT ensuite détruisant tous ceux qui s'y dissimulaient. Mais je ne suis pas près d'oublier ces instants d'émotion et de peur, oui et de peur, qui nous avaient réunis.

Au-delà de la défense de l'Algérie Française, ce qui nous réunissait tous deux c'était aussi une origine commune, nous étions tous deux « pieds noirs », la situation civile, nous étions tous deux normaliens et instituteurs. Enfin nous avions le même âge.
Pierrot tu t'en es allé à notre grand regret, et à celui de ta charmante et dévouée épouse, Isabelle, que tu avais connue au régiment où elle travaillait comme assistante sociale.
Pierrot, sache que pour moi, les tiens et tous tes proches, tu resteras toujours dans nos cœurs.
Adieu Pierrot !

Grabels, le 10 avril 2009